François Lamy

ID_CODE
FC-000007
DATES_EXTREMES
-
REPUBLIQUE
CREDITS_FICHE
Fiche SCOPA "François Lamy", Comité d'histoire de la politique de la ville, 2026
CREDITS_NOTE_HISTORIQUE
Pape Souane
CITER_CETTE_FICHE
Comité d'histoire de la politique de la ville (ed.), "François Lamy", 2026
FICHE_SCOPA_ASSOCIEE

Émeutes de 2005 dans les banlieues françaises

Les émeutes de 2005 peuvent être définies comme une série de révoltes urbaines sans encadrement structuré. Elles se caractérisent par des affrontements avec les forces de l’ordre, ainsi que par des incendies de véhicules et d’équipements publics. Elles se diffusent à l’échelle nationale et touchent principalement les quartiers prioritaires (populaires ou sensibles).
ID_CODE
FC-000006
TYPE_DE_FICHE
DATES_EXTREMES
MOMENTS_CLES
Selon l’Insee, plus d’un jeune actif sur cinq disposait d’un emploi temporaire. La part de ceux qui sont en stage ou en contrat aidé (hors emploi-jeune), en apprentissage, sous contrat à durée déterminée ou en intérim (qui marque une progression sensible depuis 1993) est passée de 8 % au début des années 1980 à environ 30 % au début des années 2000.
Mobilisation étudiante traduisant l’inquiétude que cristallise l’évolution des emplois offerts aux jeunes dotés d’une formation universitaire générale,le déclassement. La jeunesse se sent soumise à la précarité, se révolte avec le sentiment d’être considérée comme un « déchet », ce que les manifestants traduisaient en s’enveloppant dans des sacs poubelles.
Déclaration de Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire et président de l'UMP, sur l'action de la police et des pompiers lors des émeutes des banlieues.
Une publication récente de l’Insee souligne que les jeunes issus de l’immigration extra-européenne ont des difficultés plus importantes d’insertion.
REPUBLIQUE
NOTE_HISTORIQUE
En France, la crise urbaine s’inscrit dans une dynamique profonde. Les émeutes d’octobre-novembre 2005 constituent un moment marquant de cette histoire urbaine. Déclenchées à Clichy-sous-Bois (banlieue parisienne) à la suite de la mort de deux adolescents lors d’une intervention policière, ces émeutes de 2005 ont duré trois semaines. Elles se sont rapidement répandues dans les quartiers de 300 communes sur l’ensemble du territoire national (Tafferant, 2006). Le quotidien Libération (3 mars 2006) fait état de 10 000 véhicules incendiés, 230 bâtiments publics détériorés, 5 000 interpellations, dont 800 incarcérations recensées. Les discours de certains acteurs politiques français, notamment ceux de Nicolas Sarkozy alors ministre de l’Intérieur, s’inscrivent dans un contexte de durcissement du traitement politique des quartiers populaires. Dans le contexte de ces émeutes, ils ont pu contribuer à renforcer les sentiments de marginalisation et de relégation des habitants de ces quartiers. À Argenteuil et à La Courneuve, dans le contexte des émeutes, les propos du ministre de l’Intérieur se sont inscrits dans un registre sécuritaire associant les quartiers populaires à des catégories stigmatisantes telles que « la racaille ». Il a également mobilisé des modalités d’action répressives symbolisées par l’expression « nettoyer au karcher » (rhétorique de fermeté et d’ordre public). Ces déclarations ont joué un rôle catalyseur dans ces émeutes. Au-delà des facteurs déclencheurs, ces émeutes urbaines s’inscrivent dans un ensemble de déterminants structurels complexes. En difficulté depuis les années 1970 et 1980, ces quartiers se caractérisent par un chômage élevé, un échec scolaire, des relations conflictuelles avec les forces de l’ordre, des discriminations à l’embauche (Sicot, 2007). Plus largement, ces émeutes de 2005 sont également, selon Duprez (2006), l’expression d’un sentiment d’injustice sociale lié à la précarité, à la stigmatisation, au délit de faciès ou d’adresse à certaines portes d’emploi et l’impunité à l’encontre des policiers pourtant reconnus coupables d’avoir commis des bavures mortelles. Face à ces déterminants caractérisant les quartiers en difficulté, les jeunes des cités, selon lui, recourent à l’émeute pour se faire entendre et exprimer leur mal-être social. Selon cet auteur, les agressions perpétrées sur les policiers discrédités revêtent également une dimension symbolique : elles visent à attirer la police dans les quartiers et participent à une confrontation dans laquelle les violences contre les équipements publics prennent une signification politique, notamment comme contestation des institutions perçues comme responsables de la relégation sociale.
CREDITS_FICHE
Fiche SCOPA "Émeutes de 2005 dans les banlieues françaises", Comité d'histoire de la politique de la ville, 2026
CREDITS_NOTE_HISTORIQUE
Pape Souane
CITER_CETTE_FICHE
Comité d'histoire de la politique de la ville (ed.), "Émeutes de 2005 dans les banlieues françaises", 2026
CORPUS_ADMINISTRATIF_ET_JURIDIQUE

Contrats de ville

Les contrats de ville sont un dispositif instauré une première fois en 1989, pilotés alors par la DIV et dont la principale mission consiste à formaliser au niveau local la politique de la ville. Remplacés en 2007 par les CUCS, une deuxième génération de contrats de ville voient le jour en 2015.
ID_CODE
FC-000003
ANCIEN_NOM
Contrats urbains de cohésion sociale (CUCS)
TYPE_DE_FICHE
DATES_EXTREMES
-
FILIATIONS
Les CDV succèdent aux CUCS, actifs de 2007 à 2014, avant d’être de nouveau instaurés en 2015. Depuis 2025, une nouvelle génération de contrats de ville « Engagements Quartiers 2030 » voit le jour.
MOMENTS_CLES
Premiers contrats de plan Etat-régions, avec 148 conventions concernant environ 170 quartiers.
Création de la Délégation interministérielle à la ville et Création du Conseil national des villes
Création des Contrats de ville
Après les révoltes de Vaulx-en-Velin, création d’un ministère de la politique de la ville, qui a pour objectif de faire du social avec de l’urbain.
Premiers grands projets urbains du gouvernement de Michel Rocard.
Le Comité interministériel des villes (CIV) de novembre 1992 généralise la formule du contrat de ville comme instrument contractuel unique de la politique de la ville.
La première sélection des sites de contrat de ville intervient en février 1993.
REPUBLIQUE
NOTE_HISTORIQUE
En 1984, la loi du 29 juillet 1982, dite loi Rocard, crée les premiers contrats de plan État-régions (CPER), lesquels programment les actions que l'État et la région s'engagent à mener conjointement durant leur durée. Ces derniers sont des outils d'aménagement du territoire à l'échelle régionale, pensés pour planifier des investissements structurants et qui ne visent pas spécifiquement les quartiers en difficulté. Cinq ans plus tard, apparaissent les premiers contrats de ville dont l’objectif est de donner une identité propre à la politique de la ville tout en assumant une logique de discrimination territoriale positive. Pilotés par la DIV et par les intercommunalités (communautés d'agglomération ou communautés de communes), les contrats de ville sont conclus pour six ans, et fixent le cadre local de la politique de la ville et s’inscrivent dans un contexte de crise urbaine et de tensions socio-économiques plombant les « quartiers sensibles ». À l'échelle locale, il s'agit d’apporter entre autres des réponses aux problèmes des quartiers en difficulté, de contrôler l'extension urbaine et périurbaine, de créer de nouveaux quartiers ou de réaménager des quartiers préexistants qui seraient devenus inadaptés [note 1]. Les années 1988-1993 constituent une étape importante, car le nombre de quartiers en convention s’agrandit, et les dispositifs changent de nom. Divers acteurs se rencontrent et s’organisent, pour discuter le « problème des banlieues ». En 1991, la direction générale (DG) de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) lance la première enquête sur les « quartiers sensibles ». Les résultats, publiés en 1992, rapportés dans le texte de Sylvie Tissot, sont résumés par ce chapeau d’un article d’Insee-Première en ces termes : « Plus de 500 quartiers font l’objet d’une convention entre les communes, l’État et les régions : ces contrats de trois ou cinq ans visent à améliorer la vie de leurs habitants. Trois millions de personnes sont concernées [note 2]». L’enjeu historique de ces contrats de ville est d’améliorer les conditions de vie des populations de ces quartiers défavorisés. Il s’agit également de créer des conditions propices au développement (éducation, économie, mixité sociale et fonctionnelle) de ces territoires de « relégation », souvent victimes de leur état de pauvreté, ce qui leur attribue une mauvaise image. Le plus souvent, au sein de l’opinion, ces territoires n’ont pas bonne presse. Ces contrats, qui s’appliquent à la fois à l’échelle nationale et communale, cherchent également à changer les mauvaises perceptions. Les acteurs mettent en place également des politiques de revitalisation urbaine pour tenter de les sortir de l’impasse. En 2007, les contrats de ville disparaissent pour laisser place aux Contrats urbains de cohésion sociale (Cucs) et ce, jusqu’en 2014. Un an plus tard, en 2015, apparaissent de nouveaux contrats de ville dits de deuxième génération, lancés dans le cadre de la Loi Lamy de 2014. Ils sont alors supervisés par le Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET), né de la fusion entre la DATAR, l’Acsé et la SG-SIV, laquelle gérait précédemment les CUCS. Avec la loi de programmation en 2014, les préoccupations contemporaines telles que la transition écologique, la participation citoyenne occupent une place de plus en plus importante dans ces dispositifs. Les communautés d’agglomération de Sénart, Arras et Evry Centre Essonne font partie des premiers territoires à avoir signé la deuxième génération des contrats de ville [note 3]. Aujourd’hui, les contrats “Engagement quartiers 2030” (2024 -2030) ont pris le relais pour transformer en profondeur les quartiers en difficulté. Ces derniers sont souvent affaiblis par divers maux tels que la pauvreté et l’absence de services publics. Dans ce cadre, l’ambition des contrats ville initiés par l’Etat, en partenariat avec les collectivités locales et d’autres acteurs territoriaux, est de répondre aux problématiques de ces lieux de vie. Leurs objectifs visent à corriger les inégalités dans les quartiers en difficulté et à instaurer la cohésion dans ces zones fracturées. Selon Sylvie Tissot, « Les conventions ‘Habitat et Vie sociale’ mises en place à partir de 1977 sont généralement présentées comme les premiers dispositifs d’une politique publique qui vise à améliorer la situation des quartiers d’habitat social, par des opérations de réhabilitation mais surtout par une action ‘globale’ favorisant la participation des habitants [note 4]». Ces contrats “Engagement quartiers 2030” s’inscrivent dans la continuité de la seconde génération des contrats de ville, et sont pilotés par l’ANCT ainsi que par la direction générale des collectivités locales (DGCL). Selon l’Institut Paris, dans son publié le 10 avril 2025, l’Île-de-France est la région la plus touchée par ce phénomène de géographie prioritaire, avec 14 % de Franciliens résident en quartiers prioritaires de la politique de la ville (QQPV), devant les Hauts-de-France (13%) et Provence-Alpes-Côtes d’Azur (11 %). D’après l’article de l’Institut Paris Région, cette région compte quatre des six départements de France métropolitain où la part de la population en QPV est la plus élevée. Il s’agit de Seine-Saint-Denis, de Val-d’Oise, d’Essonne et Val-de-Marne. Ces départements concentrent la part de la population en QPV la plus élevée, où certaines communes ont plus de 80% de la population en QP. Les collectivités telles que Aubervilliers (90 %), La Courneuve (88%) et Grigny (86 %), au regard des données statistiques rapportées par l’Institut Paris Région, s’illustrent comme des quartiers prioritaires où les enjeux socio-économiques et territoriaux se posent fortement.
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[note 1 : M. Pierre ANDRÉ, rapport d'information n° 402 de la Commission des affaires économiques ((2004-2005), déposé le 15 juin 2005.] [note 2 : Insee-Première, n° 234 - Décembre 1992.] [note 3 : 2015-2023 - Archives Banque des territoires, 18 février 2015.] [note 4 : Sylvie Tissot, « Le recours aux indicateurs statistiques dans la politique de la ville », Genèse, 2004/1/n0 54, pp.90-111.]
CREDITS_FICHE
Fiche SCOPA "Contrats de ville", Comité d'histoire de la politique de la ville, 2026
CREDITS_NOTE_HISTORIQUE
Pape Souane
CITER_CETTE_FICHE
Comité d'histoire de la politique de la ville (ed.), "Contrats de ville", 2026
BIBLIOGRAPHIE
DAVID Jérôme, La politique de la ville : chronologie, Revue française des affaires sociales 2001/3, p15-22 file:///C:/Users/hp/Downloads/david-2001-politique-de-la-ville-chronologie.pdf EPSTEIN Renaud, une innovation : le ministère de la politique de la ville, Ville en parallèle, n0 spécial « La ville dans le débat public. Séminaire analyse et politique de la ville »,2017, pp 9 - 11 https://www.persee.fr/doc/vilpa_12741728_2017_num_5_1_1658#:~:text=Le%20Minist%C3%A8re%20de%20la%20ville,d'Etat%20se%20sont%20succ%C3%A9d%C3%A9 RIGAUD Daniel, « La politique de la ville en France », Hommes et Terres du Nord numéro thématique sur les Politiques urbaines en France et au Royaume-Uni, année 1997 /1 / pp. 11-17 https://www.persee.fr/doc/htn_0018-439x_1997_num_1_1_2571 MOUSSAVOU Janys Dora, Les contrats de ville en Hauts-de-France : bilan et perspectives, M2-Université de Picardie Jules Verne, 2022-2023 - https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-04329375v1/file/2023MEMDSP01_MOUSSAVOU_Janys%20Dora.pdf TISSOT Sylvie, « Identifier ou décrire les « quartiers sensibles » : le recours aux indicateurs statistiques dans la politique de la ville », Genèse, 2004/1/ n0 54, pp.90 - 111 https://shs.cairn.info/revue-geneses-2004-1-page-90 Thibault Tellier, Diversité.L’expérience du territoire : quelle histoire de la banlieue, pour quelle transmission pédagogique? n° 199, 2020. , pp. 43-49 https://www.persee.fr/doc/diver_1769-8502_2020_num_199_1_4926

Contributions