Émeutes de 2005 dans les banlieues françaises
Les émeutes de 2005 peuvent être définies comme une série de révoltes urbaines sans encadrement structuré. Elles se caractérisent par des affrontements avec les forces de l’ordre, ainsi que par des incendies de véhicules et d’équipements publics. Elles se diffusent à l’échelle nationale et touchent principalement les quartiers prioritaires (populaires ou sensibles).
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Selon l’Insee, plus d’un jeune actif sur cinq disposait d’un emploi temporaire. La part de ceux qui sont en stage ou en contrat aidé (hors emploi-jeune), en apprentissage, sous contrat à durée déterminée ou en intérim (qui marque une progression sensible depuis 1993) est passée de 8 % au début des années 1980 à environ 30 % au début des années 2000.
Mobilisation étudiante traduisant l’inquiétude que cristallise l’évolution des emplois offerts aux jeunes dotés d’une formation universitaire générale,le déclassement. La jeunesse se sent soumise à la précarité, se révolte avec le sentiment d’être considérée comme un « déchet », ce que les manifestants traduisaient en s’enveloppant dans des sacs poubelles.
Déclaration de Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire et président de l'UMP, sur l'action de la police et des pompiers lors des émeutes des banlieues.
Une publication récente de l’Insee souligne que les jeunes issus de l’immigration extra-européenne ont des difficultés plus importantes d’insertion.
REPUBLIQUE
PRESIDENT
NOTE_HISTORIQUE
En France, la crise urbaine s’inscrit dans une dynamique profonde. Les émeutes d’octobre-novembre 2005 constituent un moment marquant de cette histoire urbaine. Déclenchées à Clichy-sous-Bois (banlieue parisienne) à la suite de la mort de deux adolescents lors d’une intervention policière, ces émeutes de 2005 ont duré trois semaines. Elles se sont rapidement répandues dans les quartiers de 300 communes sur l’ensemble du territoire national (Tafferant, 2006). Le quotidien Libération (3 mars 2006) fait état de 10 000 véhicules incendiés, 230 bâtiments publics détériorés, 5 000 interpellations, dont 800 incarcérations recensées.
Les discours de certains acteurs politiques français, notamment ceux de Nicolas Sarkozy alors ministre de l’Intérieur, s’inscrivent dans un contexte de durcissement du traitement politique des quartiers populaires. Dans le contexte de ces émeutes, ils ont pu contribuer à renforcer les sentiments de marginalisation et de relégation des habitants de ces quartiers. À Argenteuil et à La Courneuve, dans le contexte des émeutes, les propos du ministre de l’Intérieur se sont inscrits dans un registre sécuritaire associant les quartiers populaires à des catégories stigmatisantes telles que « la racaille ». Il a également mobilisé des modalités d’action répressives symbolisées par l’expression « nettoyer au karcher » (rhétorique de fermeté et d’ordre public). Ces déclarations ont joué un rôle catalyseur dans ces émeutes.
Au-delà des facteurs déclencheurs, ces émeutes urbaines s’inscrivent dans un ensemble de déterminants structurels complexes. En difficulté depuis les années 1970 et 1980, ces quartiers se caractérisent par un chômage élevé, un échec scolaire, des relations conflictuelles avec les forces de l’ordre, des discriminations à l’embauche (Sicot, 2007). Plus largement, ces émeutes de 2005 sont également, selon Duprez (2006), l’expression d’un sentiment d’injustice sociale lié à la précarité, à la stigmatisation, au délit de faciès ou d’adresse à certaines portes d’emploi et l’impunité à l’encontre des policiers pourtant reconnus coupables d’avoir commis des bavures mortelles. Face à ces déterminants caractérisant les quartiers en difficulté, les jeunes des cités, selon lui, recourent à l’émeute pour se faire entendre et exprimer leur mal-être social.
Selon cet auteur, les agressions perpétrées sur les policiers discrédités revêtent également une dimension symbolique : elles visent à attirer la police dans les quartiers et participent à une confrontation dans laquelle les violences contre les équipements publics prennent une signification politique, notamment comme contestation des institutions perçues comme responsables de la relégation sociale.
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Fiche SCOPA "Émeutes de 2005 dans les banlieues françaises", Comité d'histoire de la politique de la ville, 2026
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Pape Souane
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Comité d'histoire de la politique de la ville (ed.), "Émeutes de 2005 dans les banlieues françaises", 2026
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CORPUS_ADMINISTRATIF_ET_JURIDIQUE
Zones à urbaniser en priorité
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FC-000004
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THEMATIQUES
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FILIATIONS
Les ZUP ont été progressivement remplacées par les Zones d’aménagement concerté (ZAC).
MOMENTS_CLES
appel de l’abbé Pierre dénonçant le malaise social concernant le logement et la pénurie dans un contexte de froid. La somme récoltée dans le cadre de l’aide des personnes sans logement permet la création d’Emmaüs, la construction de cités d’urgence... La construction des grands ensembles généralisée par l’État français dans tout le pays.
apparition pour la première fois de l’expression “zone à urbaniser par priorité“ dans la loi-cadre 57-908 . Elle programme 300 000 habitations en moyenne par an dans le cadre du troisième plan de modernisation et d’équipement.
Pierre Sudreau nommé ministre de la Construction du général de Gaulle dans le dernier gouvernement de la IVe République. Construction massive de logements sociaux.
197 ZUP ont été créées, regroupant plus de 2,2 millions de logements, essentiellement des HLM. Les Minguettes à Vénissieux, les Nouvelles Synthes près de Dunkerque, le Nouveau Créteil sont des ZUP comprenant de 6 000 à 9 000 logements.
début d’intensification des ZUP.
création de la DATAR qui va promouvoir notamment la construction des grands ensembles.
REPUBLIQUE
PRESIDENT
GOUVERNEMENT
PERSONNALITES_VIE_POLITIQUE
MINISTERE_VILLE
NOTE_HISTORIQUE
Les Zones à urbaniser en priorité (ZUP) sont nées d’une volonté politique de répondre à la crise du logement de l’après-guerre. Elles symbolisent la modernité et le progrès social dans les années 1950. Leur émergence s’inscrit dans un contexte français de reconstruction et de croissance démographique. Divers déterminants ont concouru à leur création : pénurie de logements, « baby-boom » et l’arrivée massive de populations immigrées accentuant la pression sur les villes. Les ZUP ont émergé dans ce contexte de la seconde moitié du XXe siècle, sur fond d’enjeux socio-économiques. Pierre Sudreau, nommé ministre de la Construction du général de Gaulle en 1958, dans le dernier gouvernement de la IVe République, a été chargé de définir les orientations dans la planification des ZUP. coordinateur des différents acteurs, cette structure étatique a joué un rôle important dans cette campagne massive de construction de logements sociaux. La ZUP de Toulouse-Le Mirail, projet lancé en 1962, fait partie des réalisations emblématiques. Elle se caractérise par une structure urbaine organisée autour d’une dalle piétonnière surélevée. Le projet prévoyait la création d’une ville nouvelle pour 100 000 habitants au sud-ouest de Toulouse. La ZUP de Vaulx-en-Velin, construite dans les années 1970 pour accueillir 40 000 habitants dans la banlieue lyonnaise, illustre les enjeux et les potentialités de la rénovation urbaine des grands ensembles. Elle a connu des difficultés sociales importantes dès les années 1980. La démolition de plusieurs tours emblématiques et leur remplacement par des logements diversifiés, ainsi que la création d’un nouveau centre-ville autour d’un pôle multimodal et l’implantation d’équipements structurants comme l’École Nationale Supérieure d’Architecture...visent à améliorer le cadre de vie et l’image du quartier.
De 1959 à 1976, selon l’Institut national de l’audiovisuel (02 décembre 1960), 300 ZUP ont abrité un million de logements collectifs. “Les ZUP donnent ainsi naissance aux grands ensembles. L'une des premières grandes opérations de ce genre fut la construction, entre 1959 et 1961, de Sarcelles, symbole du gigantisme et de l'uniformité des nouvelles cités de la banlieue parisienne. Dès 1961, devant le syndrome « sarcellite », la circulaire Fontanet et Chenot impose aux promoteurs de prévoir à l'avenir, dans toute construction de plus de mille logements, un centre commercial et un centre socio-médical “, (INA). Selon Annie Fourcaut (Décret n° 58-1464 relatif aux zones à urbaniser en priorité), de 1959 à 1969, 197 ZUP ont été créées, regroupant 2,2 millions de logements, essentiellement des HLM. Les Nouvelles Synthes près de Dunkerque, le Nouveau Créteil sont des ZUP comprenant de 6 000 à 9 000 logements. Les Minguettes à Vénissieux comptent, en 1971, 8 000 logements dont 80 % de HLM locatifs. Thibault Tellier, dans “Les jeunes des ZUP : nouvelle catégorie sociale de l'action publique durant les Trente Glorieuses ?”(2008/1 n° 4, p12), revient sur les initiatives visant à faire face aux difficultés du quartier. « Pour tenter de trouver un remède à la montée des violences au sein de la cité, la Société locale d’équipement met en place une série d’actions en direction des jeunes. Une opération d’information intitulée « Connaître et transformer son quartier » se déroule dans les écoles des quartiers. Des visites dans et hors de la ZUP, sur le thème de l’urbanisme, sont programmées. Des opérations “Propreté de la ZUP” sont aussi mises en place ».
Les projets incluent également la création des zones d’éducation prioritaires, les missions locales pour l’emploi. La ZUP de Perseigne (Alençon), construite entre 1963 et 1969 pour abriter 6500 habitants dans 2300 habitations, à la périphérie sud de la ville, est érigée à proximité de l’usine Moulinex, fabricant d’appareils ménagers, employeur important de la ville avec 2 500 ouvriers, selon Tony Schuman (1989). Ses habitants étaient en majorité des immigrants ruraux de la campagne environnante, plus une certaine proportion (10 à 15 %) d’immigrés étrangers en provenance du Portugal, d’Espagne, du Maroc et de Turquie. En 1982, la ZUP avait ajouté 7 500 habitants à la population de base d’Alençon (33 000). Les ZUP ont fait leur temps de gloire. La dernière construite date de 1989.
Nées en 1967, dans le cadre de la loi d’orientation foncière (LOF), les Zones d’aménagement concerté (ZAC) ont progressivement remplacé les ZUP, ensembles urbains issus de vastes opérations urbaines. Elles faisaient l’objet de vives critiques.
CREDITS_FICHE
Fiche SCOPA "Zones à urbaniser en priorité", Comité d'histoire de la politique de la ville, 2026
CREDITS_NOTE_HISTORIQUE
Pape Souane
CITER_CETTE_FICHE
Comité d'histoire de la politique de la ville (ed.), "Zones à urbaniser en priorité", 2026
BIBLIOGRAPHIE
Annie Fourcaut, Décret n° 58-1464 relatif aux zones à urbaniser en priorité, 31 décembre 1958 (Dernière mise à jour : 19 juin 2023) - Décret n° 58-1464 relatif aux zones à urbaniser en priorité (FranceArchives)
Thibault Tellier, “Les jeunes des ZUP : nouvelle catégorie sociale de l'action publique durant les Trente Glorieuses ?”, Histoire@Politique “”les jeunes, sujets et enjeux politiques (France XXe siècle)”, 2008/1 N° 4, p. 12 - Les jeunes des ZUP : nouvelle catégorie sociale de l'action publique durant les Trente Glorieuses ? | Cairn.info
Tony Schuman, “La réhabilitation de la ZUP de Perseigne à Alençon. Participation, prise de pouvoir et urbanisation”, Les annales de la recherche urbaine. Pratiques et professions, 1989 44-45 pp. 40-48 - https://www.persee.fr/issue/aru_0180-930x_1989_num_44_1?sectionId=aru_0180-930x_1989_num_44_1_1477
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NOM_DOCUMENTATION_EN_LIGNE
CORPUS_ADMINISTRATIF_ET_JURIDIQUE
Loi n° 2006-396 du 31 mars 2006
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CAJ-000024
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FICHE_SCOPA_ASSOCIEE
THEMATIQUES_ASSOCIEES
Loi n° 67-1253 du 30 décembre 1967 d'orientation foncière
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CAJ-000016
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LIEN
Décret n°58-1464 du 31 décembre 1958
ID_CODE
CAJ-000015
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Loi n° 57-908 du 7 août 1957
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CAJ-000014
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