Zones à urbaniser en priorité
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FC-000004
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THEMATIQUES
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FILIATIONS
Les ZUP ont été progressivement remplacées par les Zones d’aménagement concerté (ZAC).
MOMENTS_CLES
appel de l’abbé Pierre dénonçant le malaise social concernant le logement et la pénurie dans un contexte de froid. La somme récoltée dans le cadre de l’aide des personnes sans logement permet la création d’Emmaüs, la construction de cités d’urgence... La construction des grands ensembles généralisée par l’État français dans tout le pays.
apparition pour la première fois de l’expression “zone à urbaniser par priorité“ dans la loi-cadre 57-908 . Elle programme 300 000 habitations en moyenne par an dans le cadre du troisième plan de modernisation et d’équipement.
Pierre Sudreau nommé ministre de la Construction du général de Gaulle dans le dernier gouvernement de la IVe République. Construction massive de logements sociaux.
197 ZUP ont été créées, regroupant plus de 2,2 millions de logements, essentiellement des HLM. Les Minguettes à Vénissieux, les Nouvelles Synthes près de Dunkerque, le Nouveau Créteil sont des ZUP comprenant de 6 000 à 9 000 logements.
début d’intensification des ZUP.
création de la DATAR qui va promouvoir notamment la construction des grands ensembles.
REPUBLIQUE
PRESIDENT
GOUVERNEMENT
PERSONNALITES_VIE_POLITIQUE
MINISTERE_VILLE
NOTE_HISTORIQUE
Les Zones à urbaniser en priorité (ZUP) sont nées d’une volonté politique de répondre à la crise du logement de l’après-guerre. Elles symbolisent la modernité et le progrès social dans les années 1950. Leur émergence s’inscrit dans un contexte français de reconstruction et de croissance démographique. Divers déterminants ont concouru à leur création : pénurie de logements, « baby-boom » et l’arrivée massive de populations immigrées accentuant la pression sur les villes. Les ZUP ont émergé dans ce contexte de la seconde moitié du XXe siècle, sur fond d’enjeux socio-économiques. Pierre Sudreau, nommé ministre de la Construction du général de Gaulle en 1958, dans le dernier gouvernement de la IVe République, a été chargé de définir les orientations dans la planification des ZUP. coordinateur des différents acteurs, cette structure étatique a joué un rôle important dans cette campagne massive de construction de logements sociaux. La ZUP de Toulouse-Le Mirail, projet lancé en 1962, fait partie des réalisations emblématiques. Elle se caractérise par une structure urbaine organisée autour d’une dalle piétonnière surélevée. Le projet prévoyait la création d’une ville nouvelle pour 100 000 habitants au sud-ouest de Toulouse. La ZUP de Vaulx-en-Velin, construite dans les années 1970 pour accueillir 40 000 habitants dans la banlieue lyonnaise, illustre les enjeux et les potentialités de la rénovation urbaine des grands ensembles. Elle a connu des difficultés sociales importantes dès les années 1980. La démolition de plusieurs tours emblématiques et leur remplacement par des logements diversifiés, ainsi que la création d’un nouveau centre-ville autour d’un pôle multimodal et l’implantation d’équipements structurants comme l’École Nationale Supérieure d’Architecture...visent à améliorer le cadre de vie et l’image du quartier.
De 1959 à 1976, selon l’Institut national de l’audiovisuel (02 décembre 1960), 300 ZUP ont abrité un million de logements collectifs. “Les ZUP donnent ainsi naissance aux grands ensembles. L'une des premières grandes opérations de ce genre fut la construction, entre 1959 et 1961, de Sarcelles, symbole du gigantisme et de l'uniformité des nouvelles cités de la banlieue parisienne. Dès 1961, devant le syndrome « sarcellite », la circulaire Fontanet et Chenot impose aux promoteurs de prévoir à l'avenir, dans toute construction de plus de mille logements, un centre commercial et un centre socio-médical “, (INA). Selon Annie Fourcaut (Décret n° 58-1464 relatif aux zones à urbaniser en priorité), de 1959 à 1969, 197 ZUP ont été créées, regroupant 2,2 millions de logements, essentiellement des HLM. Les Nouvelles Synthes près de Dunkerque, le Nouveau Créteil sont des ZUP comprenant de 6 000 à 9 000 logements. Les Minguettes à Vénissieux comptent, en 1971, 8 000 logements dont 80 % de HLM locatifs. Thibault Tellier, dans “Les jeunes des ZUP : nouvelle catégorie sociale de l'action publique durant les Trente Glorieuses ?”(2008/1 n° 4, p12), revient sur les initiatives visant à faire face aux difficultés du quartier. « Pour tenter de trouver un remède à la montée des violences au sein de la cité, la Société locale d’équipement met en place une série d’actions en direction des jeunes. Une opération d’information intitulée « Connaître et transformer son quartier » se déroule dans les écoles des quartiers. Des visites dans et hors de la ZUP, sur le thème de l’urbanisme, sont programmées. Des opérations “Propreté de la ZUP” sont aussi mises en place ».
Les projets incluent également la création des zones d’éducation prioritaires, les missions locales pour l’emploi. La ZUP de Perseigne (Alençon), construite entre 1963 et 1969 pour abriter 6500 habitants dans 2300 habitations, à la périphérie sud de la ville, est érigée à proximité de l’usine Moulinex, fabricant d’appareils ménagers, employeur important de la ville avec 2 500 ouvriers, selon Tony Schuman (1989). Ses habitants étaient en majorité des immigrants ruraux de la campagne environnante, plus une certaine proportion (10 à 15 %) d’immigrés étrangers en provenance du Portugal, d’Espagne, du Maroc et de Turquie. En 1982, la ZUP avait ajouté 7 500 habitants à la population de base d’Alençon (33 000). Les ZUP ont fait leur temps de gloire. La dernière construite date de 1989.
Nées en 1967, dans le cadre de la loi d’orientation foncière (LOF), les Zones d’aménagement concerté (ZAC) ont progressivement remplacé les ZUP, ensembles urbains issus de vastes opérations urbaines. Elles faisaient l’objet de vives critiques.
CREDITS_FICHE
Fiche SCOPA "Zones à urbaniser en priorité", Comité d'histoire de la politique de la ville, 2026
CREDITS_NOTE_HISTORIQUE
Pape Souane
CITER_CETTE_FICHE
Comité d'histoire de la politique de la ville (ed.), "Zones à urbaniser en priorité", 2026
BIBLIOGRAPHIE
Annie Fourcaut, Décret n° 58-1464 relatif aux zones à urbaniser en priorité, 31 décembre 1958 (Dernière mise à jour : 19 juin 2023) - Décret n° 58-1464 relatif aux zones à urbaniser en priorité (FranceArchives)
Thibault Tellier, “Les jeunes des ZUP : nouvelle catégorie sociale de l'action publique durant les Trente Glorieuses ?”, Histoire@Politique “”les jeunes, sujets et enjeux politiques (France XXe siècle)”, 2008/1 N° 4, p. 12 - Les jeunes des ZUP : nouvelle catégorie sociale de l'action publique durant les Trente Glorieuses ? | Cairn.info
Tony Schuman, “La réhabilitation de la ZUP de Perseigne à Alençon. Participation, prise de pouvoir et urbanisation”, Les annales de la recherche urbaine. Pratiques et professions, 1989 44-45 pp. 40-48 - https://www.persee.fr/issue/aru_0180-930x_1989_num_44_1?sectionId=aru_0180-930x_1989_num_44_1_1477
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NOM_DOCUMENTATION_EN_LIGNE
CORPUS_ADMINISTRATIF_ET_JURIDIQUE
Zones urbaines sensibles
Les ZUS sont des territoires infra-urbains définis par les pouvoirs publics afin de devenir la cible prioritaire de la politique de la ville. Elles se caractérisent par des limites très précises à l’échelle du quartier, voire de la rue. Elles comprennent les ZRU et les ZFU.
ID_CODE
FC-000002
TYPE_DE_FICHE
THEMATIQUES
DATES_EXTREMES
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FILIATIONS
Les ZUS deviennent des Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) en 2015.
MOMENTS_CLES
La loi du pacte de relance pour la ville distingue trois niveaux d'intervention : la zone urbaine sensible (ZUS) ; la zone de redynamisation urbaine (ZRU) ; la zone franche urbaine (ZFU). La politique de la ville se définit par une géographie prioritaire qui deviendra sa référence territoriale d'intervention : les ZUS.
Annonce du Plan de relance pour la ville (PRV)
Dans le cadre du projet de loi de finances pour (volet ville), les ZUS deviennent un outil central pour cibler les crédits publics : l’État y concentre les moyens destinés à l’emploi, à l’éducation, au logement et à l’aménagement urbain. Ce budget renforce ainsi les dispositifs spécifiques en ZUS afin de réduire les inégalités territoriales et soutenir le développement des quartiers prioritaires.
Création des grands projets de ville (GPV) et des opérations de renouvellement urbain (ORU).
La loi du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbain (dite loi SRU) impose aux communes de plus de 3 500 habitants de disposer d’un minimum de 20 % de logements sociaux sur leur territoire.
L’article 6 de la loi Borloo vise à restructurer, dans un objectif de mixité sociale et de développement durable, les quartiers classés en zone urbaine sensible avant la publication de la loi n° 2014-173 du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine. Il comprend des opérations d'aménagement urbain, la réhabilitation, la démolition et la production de logements.
Le chômage en ZUS atteignait environ 22 %, soit plus du double de celui des autres quartiers. Il touchait particulièrement les jeunes, surtout les hommes, dont près de 45 % étaient sans emploi.
Les QPV remplacent les ZUS.
REPUBLIQUE
PERSONNALITES_VIE_POLITIQUE
MINISTERE_VILLE
OPERATEURS_AGENCES_ETAT
NOTE_HISTORIQUE
Les ZUS, nées en 1996 dans le cadre du Pacte de relance pour la ville (PRV), renforcent les actions de la politique de la ville. Elles avaient diverses ambitions : lutter contre le chômage et les inégalités dans les quartiers sensibles, combattre l’insécurité et créer des conditions propices à l’épanouissement des populations de ces territoires complexes. Les ZUS, supprimées en 2014 et remplacées par les Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), ont été définies par l’article 2 de la loi PRV du 14 novembre 1996. Cette définition reprend celle proposée par la loi d’orientation pour l’aménagement du territoire du 4 février 1995 : « Les zones urbaines sensibles sont caractérisées par la présence de grands ensembles ou de quartiers d’habitat dégradés et par un déséquilibre accentué entre l’habitat et l’emploi». Ces propos des acteurs institutionnels chargés de définir des politiques publiques pour répondre aux maux de ces territoires inscrits dans la politique de la ville mettent en lumière les défis qui pèsent sur les ZUS.
Il est crucial également d’explorer les enjeux de ces zones sensibles sur le plan du logement social qui permet aussi de comprendre les conditions de vie des habitants de ces lieux de précarité. Très souvent, sur le plan physique, ces zones sont également caractérisées par une part importante de logement social : “près de deux logements sur trois sont des HLM pour un peu plus d’un cinquième dans l’ensemble de leurs agglomérations”, constate Jean-Louis Pan Ké Shon dans son article “Portrait statistique des zones urbaines sensibles : population, mobilité, habitat, chômage, scolarité…, Informations sociales” (2007/5 n° 141, pp. 24 à 32). “[...] 80 % du parc de logements sociaux en ZUS ont été construits entre 1949 et 1974, contre 50 % en dehors. Malgré la fréquence des entretiens, les locataires se plaignent souvent de leur immeuble, en particulier en ce qui concerne les pannes d’ascenseur, les parties communes et les façades. Les grands appartements de plus de quatre pièces ne sont pas plus nombreux en ZUS que dans le reste de l’agglomération; [...] les logements de taille moyenne y sont plus présents. La part des propriétaires occupants représente 20 % de l’ensemble des logements, contre 45 % dans le reste de l’agglomération”, indique-t-il.
Le territoire national compte 751 ZUS abritant 4 361 000 habitants en 2006 (Insee.Première.15/12/2010), dont 204 600 dans les Départements d’outre-mer (DOM). La population des 717 ZUS métropolitaines a diminué de 2,3 % depuis 1999, soit − 0,3 % en moyenne annuelle. En Île-de-France, Languedoc-Roussillon, Aquitaine, Provence - Alpes - Côte d’Azur (Paca) et Corse, la part de la population des ZUS s’accroît en raison de l’augmentation de la population. Avec de forts enjeux socio-économiques et urbains, ces territoires sont de tailles très diverses : une quarantaine compte moins de 1 000 habitants, selon l’Insee, et les deux plus grandes, « Centre Nord » à Marseille et « Roubaix Nord », comptent chacune autour de 50 000 habitants. Toujours selon l’Insee, l’Île-de-France concentre 11 des 21 ZUS de plus de 20 000 habitants de France métropolitaine. Dans les DOM, la plus grande ZUS se trouve à Saint-Denis, à la Réunion, où près de 40 000 habitants résident.
CREDITS_FICHE
Fiche SCOPA "Zones urbaines sensibles", Comité d'histoire de la politique de la ville, 2026
CREDITS_NOTE_HISTORIQUE
Pape Souane
CITER_CETTE_FICHE
Comité d'histoire de la politique de la ville (ed.), "Zones urbaines sensibles", 2026
FICHE_SCOPA_ASSOCIEE
BIBLIOGRAPHIE
Hervé Vieillard-Baron, Quartiers « sensibles » et politique de la ville : bilan d'une recherche, L'Espace géographique,2000, 29-3, pp. 237-254 - https://www.persee.fr/doc/spgeo_0046-2497_2000_num_29_3_2010
Jérôme David, Politique de la ville : chronologie, Revue française des affaires sociales 2001/3, pp. 15 à 22 - https://shs.cairn.info/revue-francaise-des-affaires-sociales-2001-3-page-15?lang=fr
Jean-Louis Pan Ké Shon, Portrait statistique des zones urbaines sensibles : population, mobilité, habitat, chômage, scolarité…, Informations sociales 2007/5 n° 141, pp. 24 à 32 - https://shs.cairn.info/revue-informations-sociales-2007-5-page-24?lang=fr
Didier Desponds et Pierre Bergel, « Identifier les « quartiers sensibles » dans les villes françaises : une quête sans cesse recommencée », Itinéraires [En ligne], 2016-3 | 2017 - https://journals.openedition.org/itineraires/3521#tocto2n8
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