Offices Publics de l’Habitat

L'Office Public de l'Habitat (OPH), créé en 2007, est un organisme public qui construit et gère les habitations à loyer modéré (HLM). Les OPH mettent en œuvre les politiques d’habitat et de logement des collectivités ou des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI ) auxquels ils sont rattachés.
ID_CODE
FC-000005
DATES_EXTREMES
FILIATIONS
Les OPH succèdent à l'office public d’HLM (OPHLM) et à l'office public d’aménagement et de construction (OPAC).
MOMENTS_CLES
Loi Borloo qui se traduit par le lancement d’un vaste programme de rénovation urbaine.
Plan de cohésion sociale avec le relance de la construction de logements sociaux.
Création officielle des OPH, avec la fusion des OPHLM et OPAC.
Loi Molle, avec la réforme de la gouvernance et le fonctionnement des organismes HLM.
Loi ALUR, avec le renforcement de la régulation du logement et l’accès au logement social
REPUBLIQUE
ASSOCIATIONS_PARTENAIRES_NON_ETATIQUES
NOTE_HISTORIQUE
Les offices publics de l’habitat (OPH) sont nés en 2007 de la fusion des offices publics d’HLM (OPHLM) et des offices publics d’aménagement et de construction (OPAC), afin de rationaliser les missions de ces différents acteurs du logement social français et à faciliter leur engagement sur les territoires. Établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC), les OPH sont rattachés soit à une collectivité territoriale (département ou commune), soit à un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) compétent en matière d’habitat. Ils mettent en œuvre les politiques locales de logement, héritées des principes fondateurs posés notamment par la loi Bonnevay de 1912. Leur champ d’intervention couvre l’acquisition foncière, la construction, la gestion locative et la rénovation du parc existant, ainsi que les opérations d’aménagement et d’urbanisme intégrant la mixité sociale. Il existe une organisation professionnelle nationale qui regroupe l’ensemble des offices publics de l’habitat : la Fédération des OPH [note 1]. Selon les chiffres rapportés par AEF Info (2020), cette dernière est passée de 243 membres en décembre 2018 à 233 en décembre 2019, contre 256 en 2017 et 266 en 2015. Elle gère plus de 50 % du patrimoine HLM, soit 2,4 millions de logements. La Fédération des OPH est elle-même intégrée à l’Union sociale pour l’habitat (USH créée en 1929), organisation professionnelle rassemblant l’ensemble des acteurs du logement social en France. Au 31 décembre 2021, la fédération compte 197 OPH, des établissements publics locaux ayant le statut d’EPIC : 32 OPH en l’Île-de-France (416 040 logements) 24 OPH en Auvergne-Rhône-Alpes (318 430 logements) 24 OPH en Nouvelle-Aquitaine (186 580 logements) 20 OPH dans le Grand Est (196 710 logements) 20 OPH en Occitanie (156 930 logements) 14 OPH en Bretagne (142 810 logements) 11 OPH au Pays de la Loire (139 940 logements) 11 OPH au Centre-Val de Loire (110 210 logements) 11 OPH en Bourgogne-Franche-Comté (119 760 logements) 11 OPH dans les Hauts-de-France (227 220 logements 9 OPH en Provence-Alpes-Côte d’Azur (134 940 logements) 8 OPH en Normandie (135 150 logements) 2 OPH en Corse (5 680 logements). Selon le rapport de la fédération des OPH, en 2021, 241 700 logements locatifs et 16 300 équivalents-logements en foyer ont fait l’objet de travaux d’amélioration estimés à près de 1,7 milliard d’euros. Certaines opérations de réhabilitation, notamment les rénovations énergétiques, ont concerné 13 000 logements pour un montant compris entre 30 000 et 50 000 euros. Parmi les 258 000 logements améliorés en 2021, 52 800 ont été réhabilités pour des montants supérieurs à 5 000 euros par logement, tandis que les démolitions ont concerné 6 450 logements, dont 3 700 ont bénéficié d’un financement de l’Anru (+ 1 420 par rapport à 2020). Les OPH possèdent près de 2 153 110 logements familiaux et 137 290 équivalents-logements en foyer, soit un patrimoine total en propriété de 2 290 400 logements. En tant qu’établissements publics à caractère industriel et commercial, les OPH, avec la loi Borloo 2003, s’intéressent aujourd’hui activement aux enjeux territoriaux contemporains : renouvellement urbain, mixité sociale, transition écologique, lutte contre la précarité énergétique. Leur évolution reflète les transformations de la société française et les réponses apportées aux besoins de logement pour tous.
NOTE_BAS_PAGE
[note 1 : Organisation française créée en 1922 - anciennement Fédération nationale des Offices Publics d’HBM - représentant les OPH auprès des pouvoirs publics et des partenaires institutionnels. Ses missions : accompagner ses membres dans la mise en œuvre des politiques du logement social, de la rénovation urbaine et de la transition écologique. Elle agit aussi comme centre de ressources (expertise juridique, technique et stratégique). ]
CREDITS_FICHE
Fiche SCOPA "Offices Publics de l’Habitat", Comité d'histoire de la politique de la ville, 2026
CREDITS_NOTE_HISTORIQUE
Pape Souane
CITER_CETTE_FICHE
Comité d'histoire de la politique de la ville (ed.), "Offices Publics de l’Habitat", 2026
BIBLIOGRAPHIE
Justine Paulus, Le contrôle de gestion comme vecteur de transformation des organisations publiques confrontées à une complexité institutionnelle : le cas d’un Office Public de l’Habitat (OPH). Gestion et management, Université Bourgogne Franche-Comté, 2023. Annie Fourcaut, Le modèle historique des Offices : la loi Bonnevay, une rupture dans l’histoire du logement social, Cahier du Gridauh, n°24, 2014. Romain Perrier, « L’habitat participatif à la nantaise : dans la fabrique de l’action publique », Sociologies, Premiers textes, mis en ligne le 23 octobre 2023.
CORPUS_ADMINISTRATIF_ET_JURIDIQUE

Zones urbaines sensibles

Les ZUS sont des territoires infra-urbains définis par les pouvoirs publics afin de devenir la cible prioritaire de la politique de la ville. Elles se caractérisent par des limites très précises à l’échelle du quartier, voire de la rue. Elles comprennent les ZRU et les ZFU.
ID_CODE
FC-000002
TYPE_DE_FICHE
DATES_EXTREMES
-
FILIATIONS
Les ZUS deviennent des Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) en 2015.
MOMENTS_CLES
La loi du pacte de relance pour la ville distingue trois niveaux d'intervention : la zone urbaine sensible (ZUS) ; la zone de redynamisation urbaine (ZRU) ; la zone franche urbaine (ZFU). La politique de la ville se définit par une géographie prioritaire qui deviendra sa référence territoriale d'intervention : les ZUS.
Annonce du Plan de relance pour la ville (PRV)
Dans le cadre du projet de loi de finances pour (volet ville), les ZUS deviennent un outil central pour cibler les crédits publics : l’État y concentre les moyens destinés à l’emploi, à l’éducation, au logement et à l’aménagement urbain. Ce budget renforce ainsi les dispositifs spécifiques en ZUS afin de réduire les inégalités territoriales et soutenir le développement des quartiers prioritaires.
Création des grands projets de ville (GPV) et des opérations de renouvellement urbain (ORU).
La loi du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbain (dite loi SRU) impose aux communes de plus de 3 500 habitants de disposer d’un minimum de 20 % de logements sociaux sur leur territoire.
L’article 6 de la loi Borloo vise à restructurer, dans un objectif de mixité sociale et de développement durable, les quartiers classés en zone urbaine sensible avant la publication de la loi n° 2014-173 du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine. Il comprend des opérations d'aménagement urbain, la réhabilitation, la démolition et la production de logements.
Le chômage en ZUS atteignait environ 22 %, soit plus du double de celui des autres quartiers. Il touchait particulièrement les jeunes, surtout les hommes, dont près de 45 % étaient sans emploi.
Les QPV remplacent les ZUS.
REPUBLIQUE
PERSONNALITES_VIE_POLITIQUE
NOTE_HISTORIQUE
Les ZUS, nées en 1996 dans le cadre du Pacte de relance pour la ville (PRV), renforcent les actions de la politique de la ville. Elles avaient diverses ambitions : lutter contre le chômage et les inégalités dans les quartiers sensibles, combattre l’insécurité et créer des conditions propices à l’épanouissement des populations de ces territoires complexes. Les ZUS, supprimées en 2014 et remplacées par les Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), ont été définies par l’article 2 de la loi PRV du 14 novembre 1996. Cette définition reprend celle proposée par la loi d’orientation pour l’aménagement du territoire du 4 février 1995 : « Les zones urbaines sensibles sont caractérisées par la présence de grands ensembles ou de quartiers d’habitat dégradés et par un déséquilibre accentué entre l’habitat et l’emploi». Ces propos des acteurs institutionnels chargés de définir des politiques publiques pour répondre aux maux de ces territoires inscrits dans la politique de la ville mettent en lumière les défis qui pèsent sur les ZUS. Il est crucial également d’explorer les enjeux de ces zones sensibles sur le plan du logement social qui permet aussi de comprendre les conditions de vie des habitants de ces lieux de précarité. Très souvent, sur le plan physique, ces zones sont également caractérisées par une part importante de logement social : “près de deux logements sur trois sont des HLM pour un peu plus d’un cinquième dans l’ensemble de leurs agglomérations”, constate Jean-Louis Pan Ké Shon dans son article “Portrait statistique des zones urbaines sensibles : population, mobilité, habitat, chômage, scolarité…, Informations sociales” (2007/5 n° 141, pp. 24 à 32). “[...] 80 % du parc de logements sociaux en ZUS ont été construits entre 1949 et 1974, contre 50 % en dehors. Malgré la fréquence des entretiens, les locataires se plaignent souvent de leur immeuble, en particulier en ce qui concerne les pannes d’ascenseur, les parties communes et les façades. Les grands appartements de plus de quatre pièces ne sont pas plus nombreux en ZUS que dans le reste de l’agglomération; [...] les logements de taille moyenne y sont plus présents. La part des propriétaires occupants représente 20 % de l’ensemble des logements, contre 45 % dans le reste de l’agglomération”, indique-t-il. Le territoire national compte 751 ZUS abritant 4 361 000 habitants en 2006 (Insee.Première.15/12/2010), dont 204 600 dans les Départements d’outre-mer (DOM). La population des 717 ZUS métropolitaines a diminué de 2,3 % depuis 1999, soit − 0,3 % en moyenne annuelle. En Île-de-France, Languedoc-Roussillon, Aquitaine, Provence - Alpes - Côte d’Azur (Paca) et Corse, la part de la population des ZUS s’accroît en raison de l’augmentation de la population. Avec de forts enjeux socio-économiques et urbains, ces territoires sont de tailles très diverses : une quarantaine compte moins de 1 000 habitants, selon l’Insee, et les deux plus grandes, « Centre Nord » à Marseille et « Roubaix Nord », comptent chacune autour de 50 000 habitants. Toujours selon l’Insee, l’Île-de-France concentre 11 des 21 ZUS de plus de 20 000 habitants de France métropolitaine. Dans les DOM, la plus grande ZUS se trouve à Saint-Denis, à la Réunion, où près de 40 000 habitants résident.
CREDITS_FICHE
Fiche SCOPA "Zones urbaines sensibles", Comité d'histoire de la politique de la ville, 2026
CREDITS_NOTE_HISTORIQUE
Pape Souane
CITER_CETTE_FICHE
Comité d'histoire de la politique de la ville (ed.), "Zones urbaines sensibles", 2026
FICHE_SCOPA_ASSOCIEE
BIBLIOGRAPHIE
Hervé Vieillard-Baron, Quartiers « sensibles » et politique de la ville : bilan d'une recherche, L'Espace géographique,2000, 29-3, pp. 237-254 - https://www.persee.fr/doc/spgeo_0046-2497_2000_num_29_3_2010 Jérôme David, Politique de la ville : chronologie, Revue française des affaires sociales 2001/3, pp. 15 à 22 - https://shs.cairn.info/revue-francaise-des-affaires-sociales-2001-3-page-15?lang=fr Jean-Louis Pan Ké Shon, Portrait statistique des zones urbaines sensibles : population, mobilité, habitat, chômage, scolarité…, Informations sociales 2007/5 n° 141, pp. 24 à 32 - https://shs.cairn.info/revue-informations-sociales-2007-5-page-24?lang=fr Didier Desponds et Pierre Bergel, « Identifier les « quartiers sensibles » dans les villes françaises : une quête sans cesse recommencée », Itinéraires [En ligne], 2016-3 | 2017 - https://journals.openedition.org/itineraires/3521#tocto2n8