Contrats de ville

Les contrats de ville sont un dispositif instauré une première fois en 1989, pilotés alors par la DIV et dont la principale mission consiste à formaliser au niveau local la politique de la ville. Remplacés en 2007 par les CUCS, une deuxième génération de contrats de ville voient le jour en 2015.
ID_CODE
FC-000003
ANCIEN_NOM
Contrats urbains de cohésion sociale (CUCS)
TYPE_DE_FICHE
DATES_EXTREMES
-
FILIATIONS
Les CDV succèdent aux CUCS, actifs de 2007 à 2014, avant d’être de nouveau instaurés en 2015. Depuis 2025, une nouvelle génération de contrats de ville « Engagements Quartiers 2030 » voit le jour.
MOMENTS_CLES
Premiers contrats de plan Etat-régions, avec 148 conventions concernant environ 170 quartiers.
Création de la Délégation interministérielle à la ville et Création du Conseil national des villes
Création des Contrats de ville
Après les révoltes de Vaulx-en-Velin, création d’un ministère de la politique de la ville, qui a pour objectif de faire du social avec de l’urbain.
Premiers grands projets urbains du gouvernement de Michel Rocard.
Le Comité interministériel des villes (CIV) de novembre 1992 généralise la formule du contrat de ville comme instrument contractuel unique de la politique de la ville.
La première sélection des sites de contrat de ville intervient en février 1993.
REPUBLIQUE
NOTE_HISTORIQUE
En 1984, la loi du 29 juillet 1982, dite loi Rocard, crée les premiers contrats de plan État-régions (CPER), lesquels programment les actions que l'État et la région s'engagent à mener conjointement durant leur durée. Ces derniers sont des outils d'aménagement du territoire à l'échelle régionale, pensés pour planifier des investissements structurants et qui ne visent pas spécifiquement les quartiers en difficulté. Cinq ans plus tard, apparaissent les premiers contrats de ville dont l’objectif est de donner une identité propre à la politique de la ville tout en assumant une logique de discrimination territoriale positive. Pilotés par la DIV et par les intercommunalités (communautés d'agglomération ou communautés de communes), les contrats de ville sont conclus pour six ans, et fixent le cadre local de la politique de la ville et s’inscrivent dans un contexte de crise urbaine et de tensions socio-économiques plombant les « quartiers sensibles ». À l'échelle locale, il s'agit d’apporter entre autres des réponses aux problèmes des quartiers en difficulté, de contrôler l'extension urbaine et périurbaine, de créer de nouveaux quartiers ou de réaménager des quartiers préexistants qui seraient devenus inadaptés [note 1]. Les années 1988-1993 constituent une étape importante, car le nombre de quartiers en convention s’agrandit, et les dispositifs changent de nom. Divers acteurs se rencontrent et s’organisent, pour discuter le « problème des banlieues ». En 1991, la direction générale (DG) de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) lance la première enquête sur les « quartiers sensibles ». Les résultats, publiés en 1992, rapportés dans le texte de Sylvie Tissot, sont résumés par ce chapeau d’un article d’Insee-Première en ces termes : « Plus de 500 quartiers font l’objet d’une convention entre les communes, l’État et les régions : ces contrats de trois ou cinq ans visent à améliorer la vie de leurs habitants. Trois millions de personnes sont concernées [note 2]». L’enjeu historique de ces contrats de ville est d’améliorer les conditions de vie des populations de ces quartiers défavorisés. Il s’agit également de créer des conditions propices au développement (éducation, économie, mixité sociale et fonctionnelle) de ces territoires de « relégation », souvent victimes de leur état de pauvreté, ce qui leur attribue une mauvaise image. Le plus souvent, au sein de l’opinion, ces territoires n’ont pas bonne presse. Ces contrats, qui s’appliquent à la fois à l’échelle nationale et communale, cherchent également à changer les mauvaises perceptions. Les acteurs mettent en place également des politiques de revitalisation urbaine pour tenter de les sortir de l’impasse. En 2007, les contrats de ville disparaissent pour laisser place aux Contrats urbains de cohésion sociale (Cucs) et ce, jusqu’en 2014. Un an plus tard, en 2015, apparaissent de nouveaux contrats de ville dits de deuxième génération, lancés dans le cadre de la Loi Lamy de 2014. Ils sont alors supervisés par le Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET), né de la fusion entre la DATAR, l’Acsé et la SG-SIV, laquelle gérait précédemment les CUCS. Avec la loi de programmation en 2014, les préoccupations contemporaines telles que la transition écologique, la participation citoyenne occupent une place de plus en plus importante dans ces dispositifs. Les communautés d’agglomération de Sénart, Arras et Evry Centre Essonne font partie des premiers territoires à avoir signé la deuxième génération des contrats de ville [note 3]. Aujourd’hui, les contrats “Engagement quartiers 2030” (2024 -2030) ont pris le relais pour transformer en profondeur les quartiers en difficulté. Ces derniers sont souvent affaiblis par divers maux tels que la pauvreté et l’absence de services publics. Dans ce cadre, l’ambition des contrats ville initiés par l’Etat, en partenariat avec les collectivités locales et d’autres acteurs territoriaux, est de répondre aux problématiques de ces lieux de vie. Leurs objectifs visent à corriger les inégalités dans les quartiers en difficulté et à instaurer la cohésion dans ces zones fracturées. Selon Sylvie Tissot, « Les conventions ‘Habitat et Vie sociale’ mises en place à partir de 1977 sont généralement présentées comme les premiers dispositifs d’une politique publique qui vise à améliorer la situation des quartiers d’habitat social, par des opérations de réhabilitation mais surtout par une action ‘globale’ favorisant la participation des habitants [note 4]». Ces contrats “Engagement quartiers 2030” s’inscrivent dans la continuité de la seconde génération des contrats de ville, et sont pilotés par l’ANCT ainsi que par la direction générale des collectivités locales (DGCL). Selon l’Institut Paris, dans son publié le 10 avril 2025, l’Île-de-France est la région la plus touchée par ce phénomène de géographie prioritaire, avec 14 % de Franciliens résident en quartiers prioritaires de la politique de la ville (QQPV), devant les Hauts-de-France (13%) et Provence-Alpes-Côtes d’Azur (11 %). D’après l’article de l’Institut Paris Région, cette région compte quatre des six départements de France métropolitain où la part de la population en QPV est la plus élevée. Il s’agit de Seine-Saint-Denis, de Val-d’Oise, d’Essonne et Val-de-Marne. Ces départements concentrent la part de la population en QPV la plus élevée, où certaines communes ont plus de 80% de la population en QP. Les collectivités telles que Aubervilliers (90 %), La Courneuve (88%) et Grigny (86 %), au regard des données statistiques rapportées par l’Institut Paris Région, s’illustrent comme des quartiers prioritaires où les enjeux socio-économiques et territoriaux se posent fortement.
NOTE_BAS_PAGE
[note 1 : M. Pierre ANDRÉ, rapport d'information n° 402 de la Commission des affaires économiques ((2004-2005), déposé le 15 juin 2005.] [note 2 : Insee-Première, n° 234 - Décembre 1992.] [note 3 : 2015-2023 - Archives Banque des territoires, 18 février 2015.] [note 4 : Sylvie Tissot, « Le recours aux indicateurs statistiques dans la politique de la ville », Genèse, 2004/1/n0 54, pp.90-111.]
CREDITS_FICHE
Fiche SCOPA "Contrats de ville", Comité d'histoire de la politique de la ville, 2026
CREDITS_NOTE_HISTORIQUE
Pape Souane
CITER_CETTE_FICHE
Comité d'histoire de la politique de la ville (ed.), "Contrats de ville", 2026
BIBLIOGRAPHIE
DAVID Jérôme, La politique de la ville : chronologie, Revue française des affaires sociales 2001/3, p15-22 file:///C:/Users/hp/Downloads/david-2001-politique-de-la-ville-chronologie.pdf EPSTEIN Renaud, une innovation : le ministère de la politique de la ville, Ville en parallèle, n0 spécial « La ville dans le débat public. Séminaire analyse et politique de la ville »,2017, pp 9 - 11 https://www.persee.fr/doc/vilpa_12741728_2017_num_5_1_1658#:~:text=Le%20Minist%C3%A8re%20de%20la%20ville,d'Etat%20se%20sont%20succ%C3%A9d%C3%A9 RIGAUD Daniel, « La politique de la ville en France », Hommes et Terres du Nord numéro thématique sur les Politiques urbaines en France et au Royaume-Uni, année 1997 /1 / pp. 11-17 https://www.persee.fr/doc/htn_0018-439x_1997_num_1_1_2571 MOUSSAVOU Janys Dora, Les contrats de ville en Hauts-de-France : bilan et perspectives, M2-Université de Picardie Jules Verne, 2022-2023 - https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-04329375v1/file/2023MEMDSP01_MOUSSAVOU_Janys%20Dora.pdf TISSOT Sylvie, « Identifier ou décrire les « quartiers sensibles » : le recours aux indicateurs statistiques dans la politique de la ville », Genèse, 2004/1/ n0 54, pp.90 - 111 https://shs.cairn.info/revue-geneses-2004-1-page-90 Thibault Tellier, Diversité.L’expérience du territoire : quelle histoire de la banlieue, pour quelle transmission pédagogique? n° 199, 2020. , pp. 43-49 https://www.persee.fr/doc/diver_1769-8502_2020_num_199_1_4926

Contributions

Zones urbaines sensibles

Les ZUS sont des territoires infra-urbains définis par les pouvoirs publics afin de devenir la cible prioritaire de la politique de la ville. Elles se caractérisent par des limites très précises à l’échelle du quartier, voire de la rue. Elles comprennent les ZRU et les ZFU.
ID_CODE
FC-000002
TYPE_DE_FICHE
DATES_EXTREMES
-
FILIATIONS
Les ZUS deviennent des Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) en 2015.
MOMENTS_CLES
La loi du pacte de relance pour la ville distingue trois niveaux d'intervention : la zone urbaine sensible (ZUS) ; la zone de redynamisation urbaine (ZRU) ; la zone franche urbaine (ZFU). La politique de la ville se définit par une géographie prioritaire qui deviendra sa référence territoriale d'intervention : les ZUS.
Annonce du Plan de relance pour la ville (PRV)
Dans le cadre du projet de loi de finances pour (volet ville), les ZUS deviennent un outil central pour cibler les crédits publics : l’État y concentre les moyens destinés à l’emploi, à l’éducation, au logement et à l’aménagement urbain. Ce budget renforce ainsi les dispositifs spécifiques en ZUS afin de réduire les inégalités territoriales et soutenir le développement des quartiers prioritaires.
Création des grands projets de ville (GPV) et des opérations de renouvellement urbain (ORU).
La loi du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbain (dite loi SRU) impose aux communes de plus de 3 500 habitants de disposer d’un minimum de 20 % de logements sociaux sur leur territoire.
L’article 6 de la loi Borloo vise à restructurer, dans un objectif de mixité sociale et de développement durable, les quartiers classés en zone urbaine sensible avant la publication de la loi n° 2014-173 du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine. Il comprend des opérations d'aménagement urbain, la réhabilitation, la démolition et la production de logements.
Le chômage en ZUS atteignait environ 22 %, soit plus du double de celui des autres quartiers. Il touchait particulièrement les jeunes, surtout les hommes, dont près de 45 % étaient sans emploi.
Les QPV remplacent les ZUS.
REPUBLIQUE
PERSONNALITES_VIE_POLITIQUE
NOTE_HISTORIQUE
Les ZUS, nées en 1996 dans le cadre du Pacte de relance pour la ville (PRV), renforcent les actions de la politique de la ville. Elles avaient diverses ambitions : lutter contre le chômage et les inégalités dans les quartiers sensibles, combattre l’insécurité et créer des conditions propices à l’épanouissement des populations de ces territoires complexes. Les ZUS, supprimées en 2014 et remplacées par les Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), ont été définies par l’article 2 de la loi PRV du 14 novembre 1996. Cette définition reprend celle proposée par la loi d’orientation pour l’aménagement du territoire du 4 février 1995 : « Les zones urbaines sensibles sont caractérisées par la présence de grands ensembles ou de quartiers d’habitat dégradés et par un déséquilibre accentué entre l’habitat et l’emploi». Ces propos des acteurs institutionnels chargés de définir des politiques publiques pour répondre aux maux de ces territoires inscrits dans la politique de la ville mettent en lumière les défis qui pèsent sur les ZUS. Il est crucial également d’explorer les enjeux de ces zones sensibles sur le plan du logement social qui permet aussi de comprendre les conditions de vie des habitants de ces lieux de précarité. Très souvent, sur le plan physique, ces zones sont également caractérisées par une part importante de logement social : “près de deux logements sur trois sont des HLM pour un peu plus d’un cinquième dans l’ensemble de leurs agglomérations”, constate Jean-Louis Pan Ké Shon dans son article “Portrait statistique des zones urbaines sensibles : population, mobilité, habitat, chômage, scolarité…, Informations sociales” (2007/5 n° 141, pp. 24 à 32). “[...] 80 % du parc de logements sociaux en ZUS ont été construits entre 1949 et 1974, contre 50 % en dehors. Malgré la fréquence des entretiens, les locataires se plaignent souvent de leur immeuble, en particulier en ce qui concerne les pannes d’ascenseur, les parties communes et les façades. Les grands appartements de plus de quatre pièces ne sont pas plus nombreux en ZUS que dans le reste de l’agglomération; [...] les logements de taille moyenne y sont plus présents. La part des propriétaires occupants représente 20 % de l’ensemble des logements, contre 45 % dans le reste de l’agglomération”, indique-t-il. Le territoire national compte 751 ZUS abritant 4 361 000 habitants en 2006 (Insee.Première.15/12/2010), dont 204 600 dans les Départements d’outre-mer (DOM). La population des 717 ZUS métropolitaines a diminué de 2,3 % depuis 1999, soit − 0,3 % en moyenne annuelle. En Île-de-France, Languedoc-Roussillon, Aquitaine, Provence - Alpes - Côte d’Azur (Paca) et Corse, la part de la population des ZUS s’accroît en raison de l’augmentation de la population. Avec de forts enjeux socio-économiques et urbains, ces territoires sont de tailles très diverses : une quarantaine compte moins de 1 000 habitants, selon l’Insee, et les deux plus grandes, « Centre Nord » à Marseille et « Roubaix Nord », comptent chacune autour de 50 000 habitants. Toujours selon l’Insee, l’Île-de-France concentre 11 des 21 ZUS de plus de 20 000 habitants de France métropolitaine. Dans les DOM, la plus grande ZUS se trouve à Saint-Denis, à la Réunion, où près de 40 000 habitants résident.
CREDITS_FICHE
Fiche SCOPA "Zones urbaines sensibles", Comité d'histoire de la politique de la ville, 2026
CREDITS_NOTE_HISTORIQUE
Pape Souane
CITER_CETTE_FICHE
Comité d'histoire de la politique de la ville (ed.), "Zones urbaines sensibles", 2026
FICHE_SCOPA_ASSOCIEE
BIBLIOGRAPHIE
Hervé Vieillard-Baron, Quartiers « sensibles » et politique de la ville : bilan d'une recherche, L'Espace géographique,2000, 29-3, pp. 237-254 - https://www.persee.fr/doc/spgeo_0046-2497_2000_num_29_3_2010 Jérôme David, Politique de la ville : chronologie, Revue française des affaires sociales 2001/3, pp. 15 à 22 - https://shs.cairn.info/revue-francaise-des-affaires-sociales-2001-3-page-15?lang=fr Jean-Louis Pan Ké Shon, Portrait statistique des zones urbaines sensibles : population, mobilité, habitat, chômage, scolarité…, Informations sociales 2007/5 n° 141, pp. 24 à 32 - https://shs.cairn.info/revue-informations-sociales-2007-5-page-24?lang=fr Didier Desponds et Pierre Bergel, « Identifier les « quartiers sensibles » dans les villes françaises : une quête sans cesse recommencée », Itinéraires [En ligne], 2016-3 | 2017 - https://journals.openedition.org/itineraires/3521#tocto2n8